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PRIDE RURALE Samedi 24 septembre 2022 à Forcalquier

Marche revendicative pour les droits des personnes LGBTQIA+

Pride Rurale Focalquier

Venez ! Et n’hésitez pas à faire tourner l’info.

*   Cantine de soutient le dimanche 18 septembre à 12h

Au Local place du palais à Forcalquier.

Au plaisir de vous y voir !
La famille queer

contact : lafamillequeer@protonmail.com
——

« j’écoute tout le monde me raconter, qu’aujourd’hui, ce
n’est pas difficile d’être homo. que c’est courant. que
c’est admis. il y a toujours cette x personne, prénom à
l’appui, pour servir d’exemple — regarde, elle est homo, ça
ne gêne personne. et c’est encore regarder à côté. c’est
parler de personne au nom de tout le monde. mais pas de x, cet·te
homo qui exagère. alors quand j’ai peur de tout inventer, je me
souviens seulement de toutes les choses horribles que je me suis
dites. toute la haine que je me suis portée, sans l’aide des
autres. toute la honte dont je me drape encore. les reproches que je
m’adresse. tous les blocages desquels je participe. toutes les
portes que je me ferme. Les insultes dont je me berce. tout le monde
pense qu’aujourd’hui trans-pédés-gouines riment avec
pride-paillettes. nos exubérances n’ont d’égales que nos
peurs. nos fiertés n’ont d’égales que nos hontes. oui, les
paillettes sont aussi le visage de la pudeur.”
Dans Colza de Alice Baylac, p54

Nous, trans-pédés-bi·es-gouines, LGBTQIA+ et autres queeros des
campagnes, voulons concilier nos identités avec nos aspirations à
vivre, à travailler et à agir en milieu rural.
Nous revendiquons notre droit d’exister et de nous épanouir comme
nous sommes, où bon nous semble.
Certain·es d’entre nous sont en quête de lieux où rayonner
d’extravagance et d’anormalité sans avoir à se poser mille
questions, à commencer par : suis-je en sécurité ? Nous fouillons
les campagnes pour nous retrouver, nous regarder, nous soutenir et
danser, hors des villes que certain·es ont quittées, si grandes et
pourtant si étouffantes, foisonnantes mais étriquées.

D’autres n’aiment pas se mettre en avant, se montrer et être
regardé·es. Pourquoi ? Pour une partie d’entre nous, parce que
nous avons été contraint·es, dans les campagnes où nous avons
grandi, à nous cacher : aux autres, et à nous-mêmes. Parce que
trop souvent nos réalités étaient dures à vivre, à assumer dans
cette société tellement intolérante. L’égalité des identités
et des sexualités, prônée et censée être garantie par un cadre
légal, est si peu effective ! L’hétéronormativité, la
cisnormativité* nous ont appris, à nos dépens, la nécessité de
la discrétion, jusqu’à faire de nous, parfois, des êtres qui ne
font pas de vagues.

Nous avons besoin aujourd’hui, malgré l’effort que ça nous
demande, de sentir nos carapaces se ramollir et nos boucliers se
transformer. Pour nous et pour toutes les personnes qui se
reconnaissent dans ces mots. C’est à nous-mêmes de le faire.
Faire la place à nos joies mais aussi à nos colères, celles de
devoir lutter, quotidiennement, contre l’oppression et la violence
de notre société, de tout un système.
Nos marginalités n’ont malheureusement pas toujours la place
d’exister. Il s’agit, pour nous, le 24 septembre prochain de
laisser nos révoltes, nos revendications, nos bizarreries
s’exprimer, d’interroger et déborder les normes par nos
pluralités.

Prendre place donc, ce 24 septembre, en milieu rural : c’est
d’autant plus important que nous y avons peu de lieux de
sociabilité spécifiques et que l’anonymat y est paradoxalement
impossible.

Plusieurs d’entre nous ont grandi à la campagne, ont manqué de
représentations pour voir, savoir qu’une diversité
d’identités, de manières de se vivre et de relationner existent
en dehors de l’écrasant modèle hétérocispatriarcal. Celleux
qui ont passé leur enfance en milieu rural ont eu l’impression
que c’est en ville que ça se passe et de fait, nous sommes très
nombreux·ses à y être passé·es pour se rencontrer, nous-mêmes
et notre communauté. Celles-là, comme ceux qui sont arrivé·es au
fil de leurs existences à la campagne, se demandent comment
continuer de briller, rencontrer et baiser hors la ville. Dans quels
espaces endosser les paillettes, se sentir exister ?

Nous, trans-pédés-bi·es-gouines, LGBTQIA+ et autres queeros des
campagnes, sommes en colère : combien d’années encore, combien
de personnes, de générations d’enfants, vont subir des violences
morales et physiques, ces violences systémiques dues au ravage des
mentalités hétérocentrées ? Combien d’années encore à être
discriminé·es, à n’avoir légalement que des petits bouts de
droits ?

Nous prenons place, ensemble, nous nous montrons, nous luttons,
crions et nous continuerons de le faire tant que la honte n’aura
pas changé de camp, tant que l’un·e de nous ne sera pas
regardé·e comme ce qu’ielle est et pas comme ce qu’ielle
n’est pas.

Nous invitons nos proches, nos allié·es, celleux qui ne sont pas
sûr·es, se questionnent, qu’on n’a pas encore rencontré·es, qui
habitent maintenant en ville ou encore en ville, dans les campagnes
proches ou lointaines, à venir défiler avec nous !

*Cisnormativité : désigne un système social dans lequel la norme
est d’être cisgenre, c’est-à-dire de se reconnaître dans le
genre assigné à la naissance. Concevoir le monde comme cisgenre a
pour conséquence de négliger, invisibiliser et réprimer les
expressions de genres non-conformes.

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